Bitcoin, monnaie libre ou pas ?

J’ai regardé de près le projet OpenUDC car ses partisans affirment pouvoir définir ce qu’est une monnaie libre ou pas, pointant du doigt que bitcoin serait un logiciel libre mais pas une monnaie libre, au motif que la conception de bitcoin créerait une asymétrie temporelle, favorisant les premiers entrants. Voici pourquoi cet argument est infondé et pourquoi le caractère libre du protocole bitcoin suffit à équilibrer tout effet néfaste d’une éventuelle asymétrie temporaire.

Innovation adoption curve

Commençons par rappeler en quoi consiste le projet openUDC: il s’agit d’un système monétaire qui crée de la monnaie en continu, la masse monétaire étant distribuée à tous les participants sous forme d’un dividende universel.
Il s’agit donc d’une monnaie”élastique” (à masse monétaire potentiellement illimitée, cf l’excellent livre de Detlev Schlichter sur le sujet) comme l’euro.
Le fait que ce soit un logiciel libre est une évidente nécessité qui devrait s’appliquer à tout système monétaire, pas une caractéristique suffisamment distinctive pour assure le succès d’un projet.

Décision et innovation

Les dérives d’un système privateur comme l’euro ne préparent pas le succès d’un logiciel libre. Seuls les progrès de la conscience par l’éducation peuvent faire bouger les lignes figées par l’ignorance. Le dividende universel (ou le revenu de base) serait une avancée démocratique fondamentale, résultant directement du progrès technologique qui nous affranchit de la nécessité de faire travailler tout le monde.
D’autre modes de distribution de la richesse doivent émerger et le revenu de base est une idée très intéressante.
Mais ces nouveaux modes de distribution ne sont pas et ne seront jamais liés à un système monétaire ou à un autre. En fait, inciter les gens à utiliser un système monétaire pour bénéficier d’une prestation sociale est à l’opposé de la philosophie du logiciel libre. De manière générale, une innovation doit, pour s’imposer, réussir à résoudre correctement UN problème. Tenter, comme openUDC, de résoudre moyennement plusieurs problèmes à la fois avec un projet innovant est le plus sûr moyen d’échouer. La question du dividende universel et celle de l’argent-dette privateur sont deux problèmes liés mais bien distincts. Bitcoin répond très bien au problème de l’argent-dette mais ne prétend pas résoudre tous les maux de la terre.

Les partisans d’openUDC se trompent aussi lorsqu’ils imaginent qu’une monnaie libre ne doit pas faire l’objet de spéculation. La spéculation est un phénomène naturel (car fondé sur la psychologie humaine) qu’on ne peut pas plus éviter que la pluie ou les tremblements de terre. Tout actif liquide est ou sera soumis à l’épreuve de la spéculation. Le blé et les matières premières alimentaires sont affectés par la spéculation. Aujourd’hui, les producteurs de blé font partie des spéculateurs. La spéculation est en réalité facilitée par les monnaies élastiques qui accroissent les risques et donc les effets de levier. Une monnaie “valeur” comme bitcoin (à quantité limitée, appelée aussi monnaie matière première) limite le risque lié à la monnaie et permet donc au producteur de blé d’exploiter son avantage (sa connaissance de la culture du blé) par rapport au spéculateur purement financier.

Enfin, la critique des premiers entrants qui seraient favorisés par bitcoin au détriment des générations suivantes appelle une réponse simple: la génération suivante peut utiliser tout autre système monétaire, dérivé ou pas de bitcoin. Contrairement à l’euro dont l’utilisation nous est imposée, bitcoin est choisi librement et volontairement.
Nous bénéficions aujourd’hui de la richesse produite par les générations précédentes qui avaient accès à l’or et à d’autres matières premières en abondance, utilisant d’autres systèmes monétaires, comme l’euro. Ce qui me semble problématique c’est que les jeunes d’aujourd’hui héritent de la dette transmise par les banquiers d’hier, majoritairement composée d’intérêts “payables” aux banquiers, opérateurs du système de l’euro, dans la continuité du franc et de l’ancien franc.
Il est délirant que les intérêts appliqués sur la dette de l’Etat Français, réputée sans grand risque, engloutissent aujourd’hui l’équivalent de la collecte de l’impôt sur le revenu: le remboursement de la dette est, pour la première fois, le premier poste de dépense dans le budget de l’Etat en 2013, à 47 milliards d’euros, devant le budget de l’enseignement scolaire !
Bitcoin n’étant pas de l’argent dette mais une “valeur” sous-tendu par la capacité du réseau bitcoin à traiter des transactions électroniques, bitcoin ne favorise aucunement la transmission d’une dette. Le réseau bitcoin est une ressource nouvelle, comme le web ou comme Linux, que les nouvelles générations pourront choisir d’utiliser, d’améliorer ou de remplacer. En pratique, si, avec la croissance des transactions, la valeur d’usage du réseau et donc la valeur d’échange des bitcoins augmentent très fortement, il est possible que un ou plusieurs réseaux alternatifs émergent, écartant ainsi la perspective d’une spirale spéculative autour de bitcoin.

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  • Galuel

    C’est un essai ! Maladroit mais un essai quand même :) Il y a des choses comprises et du faux.

    “Les partisans d’openUDC se trompent aussi lorsqu’ils imaginent qu’une monnaie libre ne doit pas faire l’objet de spéculation”

    Jamais la définition de OpenUDC ne fait référence à quoi que ce soit qui parle de spéculation ou de non-spéculation. C’est une dimension qui ne concerne pas OpenUDC qui est fondé sur la TRM, et n’applique que les 4 libertés économiques et le principe de relativité dans l’espace-temps. Donc c’est un paragraphe totalement hors sujet.

    ” En fait, inciter les gens à utiliser un système monétaire pour bénéficier d’une prestation sociale est à l’opposé de la philosophie du logiciel libre”

    Là encore totalement hors sujet. Les systèmes monétaires solutions de la TRM ne sont pas des choix ni sociaux, ni d’autre nature que ce soit, mais uniquement en référence aux 4 libertés économiques dans l’espace-temps. Interpréter autre chose c’est ne pas comprendre le fondement d’une monnaie libre telle que démontrée par la TRM, et donc ne pas comprendre le fondement simple et clair d’OpenUDC qui ne gère que des crédits et la façon dont ces crédits sont créés.

    Toute interprétation non-numérique d’OpenUDC n’est que l’expression d’un point de vue relatif sans aucun intérêt in-fine.

    “Les dérives d’un système privateur comme l’euro ne préparent pas le succès d’un logiciel libre”

    C’est juste. Logiciel Libre ne signifie pas monnaie libre (cf à ce sujet http://www.creationmonetaire.info/2013/07/rmll2013-free-software-and-free-money-la-video.html )

    “la génération suivante peut utiliser tout autre système monétaire, dérivé ou pas de bitcoin”

    Oui ! La génération suivante est toujours là, car la génération(t+dt) n’attend pas plus que dt pour être là, exister et faire son choix.

    C’est justement toute la profondeur de la TRM d’avoir démontré que pour qu’une monnaie libre existe en relation avec la génération(t) et la génération(t+dt) sans besoin de changer de système monétaire, ce système doit lui-même être différentiel, tout comme le changement générationnel est différentiel.

    OpenUDC est un changement de bitcoin(t) en bitcoin(t+dt) par deux générations différentielles, qui donne à chacune la même part de bitcoin. Non seulement dans le temps, mais dans l’espace, OpenUDC considère que ce ne sont pas des machines, les acteurs économiques à créditer, mais les seuls hommes.

    Autrement dit la question de gérer une pseudo-économie, un modèle expérimental formé de machines, et de quelques individus, crédités par du travail machine, n’a aucune liberté devant les 4 libertés économiques, car les libertés s’appliquent aux hommes.

    OpenUDC s’intéresse donc à ne privilégier aucun individu devant la CREATION monétaire, celle-ci étant donc différentielle, comme le changement de générations. Donc in-fine cette réflexion est justement LA réflexion fondamentale qui invalide bitcoin et valide OpenUDC du point de vue de la symétrie temporelle.

    Bitcoin a eu le mérite de montrer que l’on peut générer un principe de de masse monétaire numérique, partagé sur le réseau.

    OpenUDC développe lui, la masse monétaire numérique, partagé par des hommes, dans l’espace, mais aussi dans le temps.

    A noter qu’il encore faux d’affirmer que : “Il s’agit donc d’une monnaie”élastique” (à masse monétaire potentiellement illimitée…)”

    Comme la TRM l’a démontré, et comme http://www.creationmonetaire.info l’a ré-expliqué plusieurs fois, comme tout physicien ou mathématicien le sait, le référentiel choisi pour mesurer, n’a aucune espèce de validité absolue. Or le référentiel relatif démontre que la monnaie OpenUDC bien que se générant quantitativement sans fin, est pourtant parfaitement finie relativement, sans aucune inflation, aucune possibilité de croissance, parfaitement immuable.

    Voir à ce sujet la démonstration complète, qui reprend ce point particulier déjà décrit dans la TRM, en quelques minutes : http://www.creationmonetaire.info/2013/09/revenu-de-base-le-quantitatif-et-le-relatif.html

  • Cédric Moreau

    « En fait, inciter les gens à utiliser un système monétaire pour bénéficier d’une prestation sociale est à l’opposé de la philosophie du logiciel libre. »

    Il y a là un problème de nommage : OpenUDC utilise le mécanisme du Dividende Universel monétaire qui est un mécanisme de distribution de la monnaie, alors que le Revenu de Base est le nom communément admis pour parler de redistribution monétaire qui est une prestation sociale.

    OpenUDC n’a pas de mécanisme de redistribution, uniquement de distribution.

    « Enfin, […] la génération suivante peut utiliser tout autre système monétaire, dérivé ou pas de bitcoin. Contrairement à l’euro dont l’utilisation nous est imposée, bitcoin est choisi librement et volontairement. »

    Dans ce cas, que doit-on déduire du fait que Bitcoin ne connaisse pas une croissance d’utilisateurs bien plus massive ? Ceux libres de choisir auraient-il conscience de se faire flouer en arrivant après la principale distribution monétaire de Bitcoin ?

    • e_ducat

      Il n’y a pas de distribution monétaire avec bitcoin mais seulement une extraction, c’est à dire un travail qui vise à mettre en circulation de nouvelles unités monétaires: ceux qui participent à ce travail sont normalement récompensés car ils contribuent aussi à la sécurité du système.
      Par ailleurs, utiliser le réseau bitcoin n’implique pas d’investir dans une réserve de bitcoins. On peut les acheter pour les envoyer immédiatement à un marchand ou à un proche qui peut les revendre immédiatement contre des euros.

      • Cédric Moreau

        « une extraction, […] qui vise à mettre en circulation de nouvelles unités monétaires »
        Comment appelez vous cela si ce n’est pas de la distribution monétaire ?

        Je ne doute pas de votre bonne foi, mais là, il me semble que vous jouiez sur les mots pour ne pas faire face à la réalité.

        « Par ailleurs, utiliser le réseau bitcoin n’implique pas d’investir dans une réserve de bitcoins »
        … vous vous contredisez dans la phrase suivante : « On peut les acheter pour les envoyer immédiatement à un marchand ». Il y a bien besoin d’investir pour en obtenir, puisque seuls ceux qui en possèdent peuvent vous en fournir.

        • e_ducat

          “Il y a bien besoin d’investir pour en obtenir, puisque seuls ceux qui en possèdent peuvent vous en fournir.”
          Non, je peux me faire payer en bitcoin contre un service ou un bien. Celui qui m’en fournit peut être un “mineur” qui les a extraits sans jamais en avoir acheté.Le mineur qui extrait les bitcoins apporte une valeur ajoutée (la sécurité) qui va au-delà de la simple création monétaire.

          • Cédric Moreau

            C’est bien là ce qui nous différencie : vous pensez que la création monétaire peut servir à récompenser les «mineurs» du système sans que cela soit gênant. De mon point de vue, c’est totalement injuste. Je vous renvoie vers mon commentaire sur OuiShare pour plus de détails : http://ouishare.net/2013/05/bitcoin-human-based-digital-currency/#comment-6235

            Qui plus est, votre histoire de valeur ajoutée pour la sécurité ne tient pas debout : dans 20 ans, plus aucun Bitcoin ne sera créé. Les mineurs n’auront alors plus de raison de miner. Quid alors de la sécurité ? Tout s’effondre ?

            Je m’attends à votre réponse : « mais non, car il y a aussi le système de frais de transaction ». Très bien. Donc, vous confirmeriez que la création monétaire était injustifiée, puisque les frais de transaction remplissent déjà ce rôle compensatoire.

            Bref, la création monétaire pour les mineurs n’est rien de plus que la tension initiale incitant à l’adoption de Bitcoin, permettant aux premiers entrants de se faire des Bitcoin bien plus facilement que les suivants, donc de se faire de l’argent sur le dos des suivants.

            Je sais que ça ne va pas vous plaire, mais à mes yeux, il s’agit clairement d’un Ponzi.

          • e_ducat

            Les premiers entrants ont investi du temps et de l’argent pour démarrer le réseau bitcoin sans pouvoir deviner qu’il aurait autant de succès.
            Aujourd’hui le réseau constitué est une ressource supplémentaire (qui n’aurait pas existé sans les premiers entrants) pour traiter des transactions sur internet de manière plus rapide et moins onéreuse que les banques. Pourquoi les premiers entrants ne seraient ils pas justement rétribués par l’arrivée des nouveaux entrants ?
            Si je suivais votre raisonnement, une introduction en bourse ou un système de retraite par répartition serait un Ponzi.
            Dernier point: Gavin Andresen et tous les bitcoiners soulignent que bitcoin est encore en phase expérimentale sans faire la moindre promesse sur sa valeur future: si c’était un Ponzi, il y aurait une promesse de “retour sur investissement”. Bitcoin ne fait aucune promesse. Je laisse les fausses promesses de croissance au système de l’argent-dette.

          • Cédric Moreau

            Soyons clairs : je ne dis pas qu’il s’agit d’un montage financier prémédité. A dire vrai, je n’y crois pas du tout, je crois largement en la bonne foi des concepteurs.
            Je dis juste que la création monétaire de Bitcoin suit les mêmes schémas qu’un Ponzi : les nouveaux entrants n’ont pas du tout les mêmes droits que les 1ers. C’est un défaut de conception.

            Voyez la subtile différence : le système de retraite par répartition lie une génération à l’autre dans un souhait d’égalité de traitement. Mais Bitcoin ne fait pas cela : il y a une limite à la création monétaire, et les nouveaux n’ont pas du tout la même part de monnaie nouvelle (ni en quantité, ni en proportion) que les premiers, et ne l’auront jamais (du fait de la limite de 21M). La tendance est clairement à la baisse pour chaque vague d’entrants.

            De plus, il est une chose de rétribuer des membres pour leur travail : il en est une autre de le faire par création monétaire sur le dos des autres. La rétribution ne se fait pas sans consentement, sinon, c’est du vol.

            Notez enfin que je ne critique pas les concepteurs de Bitcoin. J’essaye simplement de pointer, comme d’autres avant moi, les défauts de Bitcoin et pourquoi ce système ne résout pas notre principal problème : l’asymétrie face à la création monétaire. Tout cela dans le but de concevoir un système plus juste comme celui proposé par le projet OpenUDC.

          • e_ducat

            “les nouveaux entrants n’ont pas du tout les mêmes droits que les 1ers”

            Bien sur que si: ils peuvent démarrer leur propre chaine de blocs bitcoin si ils ne sont pas satisfaits du rapport cout/service rendu par le réseau bitcoin. Le réseau n’est qu’une infrastructure. Personne n’est obligé de l’utiliser. Vous pouvez le cloner. Certains l’ont déjà fait d’ailleurs. C’est une concurrence saine.

            “La rétribution ne se fait pas sans consentement, sinon, c’est du vol.”

            Seuls les utilisateurs du réseau (qui sont consentants et volontaires) donnent de la valeur aux bitcoins trouvés par les mineurs. Personne n’est volé.

          • Cédric Moreau

            Vous rendez-vous compte de ce que vous dites ? « ils ont les mêmes droits, à condition de changer de monnaie »

            C’est donc bien qu’il n’ont pas les mêmes droits au sein de la monnaie ! Ne le voyez-vous pas ? Recommencer une autre chaîne revient bien à changer de monnaie (Litcoin n’est pas Bitcoin – pour preuve, elles n’ont pas la même valeur d’échange en €).

            Bitcoin a bien des mérites, mais induit aussi beaucoup de personnes en erreur en ce qu’il conduit a un amalgame entre monnaie et système monétaire. Manifestement, vous faites cet amalgame.

            « Personne n’est volé. »

            C’est discutable : la création de nouveaux Bitcoin au bénéfice de quelques-uns fait baisser la part relative de Bitcoins pour les autres, tandis qu’elle augmente cette part pour les bénéficiaires. Etant donné que pour Bitcoin ce sont généralement les plus gros groupements qui obtiennent systématiquement la nouvelle monnaie, il y a bien une sorte de vol de part monétaire des utilisateurs. Mais surtout, cela se fait de manière totalement injustifiée (pour la sécurité du réseau, il y a déjà les frais de transaction).

          • e_ducat

            Les nouveaux entrants qui adoptent bitcoin reconnaissent l’existence du réseau bitcoin comme une ressource supplémentaire par rapport au monde avant bitcoin. Ceux qui sont chagrinés par le fait que Satoshi ait pu gagner de l’argent peuvent utiliser la technologie librement pour démarrer leur propre système monétaire. Bitcoin est à la fois un protocole internet libre, un réseau de paiement et un système monétaire. Bitcoin ne rentre donc pas dans les définitions traditionnelles du mot “monnaie”, ce qui semble vous empêcher d’avoir une conversation apaisée sur le sujet (cf l’emploi de mots comme vol ou Ponzi). Le mot “monnaie” est donc à éviter car c’est un anti-concept.

          • Cédric Moreau

            On peut très bien mettre un triangle dans un cercle, et inversement. Bitcoin englobe plusieurs réalités, dont celle d’être une monnaie : la preuve, vous utilisez vous-même le mot “monnaie” pour qualifier Bitcoin dans votre article, et parlez également de valeur d’échange du Bitcoin, qui il est vrai, n’a pas de valeur d’usage, et pour cause, il ne sert que pour les échanges car son but est d’être une monnaie.

            C’est votre droit de ne pas prendre en compte l’argumentation des autres, d’esquiver et de rester indéfectiblement sur vos lignes, mais ne vous attendez pas à en obtenir l’apaisement de vos interlocuteurs.

            Enfin, j’aimerais insister sur ce qui me fait vraiment tiquer dans votre article et vos interventions : vous tentez de réfuter l’asymétrie temporelle devant la création monétaire avec un :

            « Enfin, la critique des premiers entrants qui seraient favorisés par bitcoin au détriment des générations suivantes appelle une réponse simple: la génération suivante peut utiliser tout autre système monétaire, dérivé ou pas de bitcoin. »

            Cette phrase admet d’elle-même qu’il y a asymétrie, puisque vous proposez d’utiliser un autre système. Dès lors, il ne s’agit pas d’un contre argument à l’asymétrie temporelle mais bien d’un aveu : oui il y a asymétrie, mais si vous ne voulez pas la subir, changer de système.

            Une réponse ?

          • Boussac

            Sur la valeur d’usage des bitcoins: un bitcoin permet de traiter une transaction sur un réseau (le réseau bitcoin) dans n’importe quelle monnaie car il est facilement transférable et donc échangeable sur internet. Le réseau agit collectivement comme un tiers de confiance et se fait rémunérer pour cette fonction (transaction de génération pour rémunérer la construction du réseau et commissions pour rémunérer le traitement des transactions). L’utilisation de la technologie en tant que “monnaie” est optionnelle et ne représente qu’une application parmi d’autres (système de paiement, crowdfunding, etc). Donc oui un bitcoin a une valeur d’usage même si bitcoin n’est pas utilisé comme une “monnaie” au sens où vous l’entendez. La valeur d’usage vient du fait que les autres réseaux de paiement (Visa, mastercard, Paypal, Western Union, etc) ne sont pas gratuits. Si ils l’étaient, le cours de bitcoin serait proche de zéro et l’incitation des mineurs seraient moindre.

            Sur l’asymétrie temporelle: comme la spéculation, l’asymétrie temporelle est un phénomène naturel, indépendant des systèmes, comme la pluie et le beau temps. Ni l’un ni l’autre ne sont fondamentalement mauvais il faut simplement anticiper la sécheresse et les inondations. Bitcoin, comme toute invention, enrichit le corpus de connaissance pour les générations futures et crée un contre-pouvoir aux dictats des banques. Ceux qui ont construit le réseau et continuent à le faire vivre sont justement rétribués pour ce progrès qui bénéficie à tous ceux (nouveaux entrants) qui l’adoptent.
            Si vous n’êtes pas convaincu, je ne vois pas l’intérêt de dénigrer ce projet libre, vous rangeant de facto aux côtés des lobbys bancaires. La TRM est conçue pour éliminer tout avantage pour les premiers entrants. Résultat: il n’y a pas de premiers entrants. Ni dans OpenUDC ni dans un aucun autre système qui s’appuierait sur cette théorie. Pour autant, je ne dénigre pas OpenUDC.

          • e_ducat

            Sur la valeur d’usage des bitcoins: un bitcoin permet de traiter une transaction sur un réseau (le réseau bitcoin) dans n’importe quelle monnaie car il est facilement transférable et donc échangeable sur internet. Le réseau agit collectivement comme un tiers de confiance et se fait rémunérer pour cette fonction (transaction de génération pour rémunérer la construction du réseau et commissions pour rémunérer le traitement des transactions). L’utilisation de la technologie en tant que “monnaie” est optionnelle et ne représente qu’une application parmi d’autres (système de paiement, crowdfunding, etc). Donc oui un bitcoin a une valeur d’usage même si bitcoin n’est pas utilisé comme une “monnaie” au sens où vous l’entendez. La valeur d’usage vient du fait que les autres réseaux de paiement (Visa, mastercard, Paypal, Western Union, etc) ne sont pas gratuits. Si ils l’étaient, le cours de bitcoin serait proche de zéro et l’incitation des mineurs seraient moindre.

            Sur l’asymétrie temporelle: comme la spéculation, l’asymétrie temporelle est un phénomène naturel, indépendant des systèmes, comme la pluie et le beau temps. Ni l’un ni l’autre ne sont fondamentalement mauvais il faut simplement anticiper la sécheresse et les inondations. Bitcoin, comme toute invention, enrichit le corpus de connaissance pour les générations futures. Le réseau ouvert bitcoin constitue un contre-pouvoir qui affaiblit la domination des réseaux financiers privatifs. Ceux qui ont construit le réseau et continuent à le faire vivre sont justement rétribués pour ce progrès qui bénéficie à tous ceux (nouveaux entrants) qui l’adoptent.

            Si vous n’êtes pas convaincu, je ne vois pas l’intérêt de dénigrer ce projet libre, vous rangeant de facto aux côtés des lobbys bancaires. La TRM est conçue pour éliminer tout avantage pour les premiers entrants mais fait l’impasse sur l’incitation économique des premiers entrants. L’incitation est purement idéologique. Résultat: il n’y a pas assez de premiers entrants. Ni dans OpenUDC ni dans un aucun autre système qui s’appuierait sur cette théorie.

          • Cédric Moreau

            Sur votre premier point : je ne suis pas d’accord, vous ne transférez pas dans n’importe quelle monnaie : vous transférez bel et bien des bitcoins. Ceux-là même sont ensuite échangeables contre une autre monnaie à cours flottant. Mais vous ne transférez pas des €, ou des $, la preuve : vous utilisez des € pour obtenir des bitcoins et les rééchangez contre des $. Il s’agit simplement d’un double échange à travers la monnaie Bitcoin qui sert d’intermédiaire de change peu coûteux.

            Que vous faut-il de plus pour voir que le bitcoin est bien une unité monétaire ? Il s’échange en paiement des biens (objets, mais aussi des €, $, £, etc) et services, et sert d’intermédiaire pour les échanges. Ça me paraît évident, je ne comprends pas votre obstination à le nier.

            Sur l’asymétrie temporelle, je critique exclusivement celle de la création monétaire, que dans Bitcoin vous nommez “transaction de génération” ou encore “extraction”. Cette asymétrie est tout sauf un phénomène naturel : c’est un choix, arbitraire, de la part des concepteurs du système. Il a été choisi que le protocole créerait les bitcoins au bénéfice des premiers entrants (et les plus riches par ailleurs, vu la puissance requise aujourd’hui).

            Enfin, ce n’est pas tellement Bitcoin que je critique mais vos arguments tentant de nier l’asymétrie temporelle (qui est aussi spatiale, même si ce n’est pas le sujet ici) de Bitcoin dans son mode de création monétaire.

            Je note tout de même que vous définissez la création monétaire de Bitcoin comme une incitation. Là, en effet, nous sommes bien d’accord : c’est le moyen de démarrer cette monnaie et de favoriser son adoption rapide. Cela n’en fait pas un mode de distribution juste ! Votre argumentation à propos de l’asymétrie temporelle est donc celui qui est infondé. L’argument des partisans du projet OpenUDC (et d’autres) est à l’inverse totalement cohérent.

            L’incitation à adopter telle ou telle monnaie est un autre sujet, que Bitcoin a voulu traiter grâce à la création monétaire. C’est un choix, que je ne partage pas (raison pour laquelle d’ailleurs je n’utilise pas Bitcoin). Et si vous pensez qu’il n’y aurait pas d’utilisateurs dans un système qui ne promet pas richesse aux premiers entrants, mais uniquement de la justice monétaire, c’est rabaisser les individus à des personnes uniquement intéressés par l’enrichissement personnel.

            OpenUDC ne promet pas aux premiers entrants de s’enrichir : il promet simplement que tout individu bénéficiera, au cours de sa vie, de la même part de création monétaire peu importe sa génération. Bitcoin fait le contraire.

            Votre argumentation niant l’asymétrie de Bitcoin est tout simplement fausse.

          • e_ducat

            “Cela n’en fait pas un mode de distribution juste ”
            Votre cahier des charges est très ambitieux. Pour ma part, je ne sais même pas ce que signifie le mot “juste” pour un système monétaire car nous avons tous des idées différentes sur ce qui est juste ou pas juste.

            “OpenUDC promet simplement que tout individu bénéficiera, au cours de sa vie, de la même part de création monétaire peu importe sa génération.”

            Vous continuez d’affirmer que bitcoin promet un enrichissement aux premiers entrants alors que, par construction, bitcoin ne promet rien et n’a jamais rien promis. Une promesse illimitée dans le temps et l’espace comme celle que fait OpenUDC est forcément une fausse promesse. De plus, il ne faut pas confondre enrichissement et rémunération. Si vous pensez qu’un travail, l’extraction des bitcoins, ne mérite pas rémunération, alors vous êtes dans une logique d’économie dirigée, où il y a des orthodoxes (croyants en OpenUDC)qui décident et des hérétiques qu’il faut accuser de tous les maux (vol, Ponzi, etc).

          • Cédric Moreau

            Voyons au moins ce qu’est un système injuste : Bitcoin distribue la monnaie initiale de manière arbitraire et de façon limitée dans le temps. Bref, seuls quelques-uns en bénéficient, pour les autres, il faut s’en procurer auprès de ceux qui en ont.

            « que, par construction, bitcoin ne promet rien et n’a jamais rien promis »

            Oh que si : Bitcoin a promis que les premiers entrants bénéficieraient de bien plus de création de Bitcoins que les suivants. Fait notable : la courbe de création est une suite géométrique de raison 1/2. Pour quelle raison ?

            « Une promesse illimitée dans le temps et l’espace comme celle que fait OpenUDC est forcément une fausse promesse. »

            Une fausse promesse de quoi ? De valeur ? Ce serait effectivement absurde, qui serions nous pour estimer ce qui est valeur ou pas ? Comme vous le dites, la valeur de Bitcoin est du fait de son adoption. Pour OpenUDC ou un autre, ce serait pareil. La différence, c’est qu’OpenUDC promet la même part de monnaie à chacun. Il n’y a pas promesse de valeur.

            « Si vous pensez qu’un travail, l’extraction des bitcoins, ne mérite pas rémunération »

            Aies-je dit cela ? Je dis que ce travail est déjà rémunéré par une commission de transaction. Pourquoi vouloir le rémunérer par la création monétaire ? Simplement pour démarrer le système. Mais cela est profondément injuste vis-à-vis des entrants tardifs. Voilà ce que je dis.

            Enfin, le mot vol peut vous paraître exagéré. Je peux comprendre. En revanche Ponzi, c’est simplement pour désigner les mécanismes en jeu : il y a bien une forte création de bitcoins initiale, avec peu d’entrants, une valeur qui monte, combinée à une décroissante de création. A défaut d’être un vrai Ponzi, il s’agit quand même d’une sacré opération spéculative. Oui, spéculative. Je ne doute pas que vous serez d’accord avec ça.

            Tout ceci n’a rien d’une croyance quelconque. Je ne vous en veux pas de trouver des vertus à Bitcoin. Ce système en a beaucoup. En revanche, vous ne pouvez pas dire que la création monétaire de Bitcoin possède une symétrie temporelle. C’est absolument faux.

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