Conférence Bitcoin à San Jose

La première conférence organisée de main de maître par la Bitcoin Foundation à San Jose (Californie, 17-19 mai 2013) vient de se terminer. Elle a réuni près de 1500 enthousiastes et experts bitcoin du monde entier, dont votre serviteur.
Voici mon compte rendu avec Philippe Herlin, publié dans Economie Matin.

Bitcoin Lead developpers, San Jose, May 2013
Les principaux développeurs de Bitcoin à la conférence de San Jose (de gauche à droite):
Jeff Garzick, Gavin Andresen, Mike Hearn

1) Philippe Herlin : La bulle de mars-avril (le bitcoin est passé de 10 dollars en janvier à plus de 250 avant de retomber sous les 100 dollars) a-t-elle fait des dégâts parmi les acteurs du bitcoin ?

Pierre Noizat: Non seulement il n’y a pas eu de “dégâts” mais on constate au contraire un foisonnement d’initiative et des financements significatifs.
En réalité le cours est passé de 13 USD en janvier à 130 USD environ aujourd’hui (après l’éclatement de la bulle de mars).
Pour l’écosystème bitcoin, l’accroissement de la valeur est donc considérable car les start ups bitcoins génèrent des revenus en bitcoins qui s’apprécient de mois en mois (si elles gardent une trésorerie en bitcoin).
Une correction du cours peut perturber les transferts pendant deux jours par an (une bulle en juin 2011, une autre en mars 2013) mais n’oublions pas que les virements bancaires s’arrêtent tous les week ends alors que le réseau bitcoin tourne, lui, 24/24 et 7j/7.

2) PH: Les autorités financières américaines s’intéressent de plus en plus aux acteurs du bitcoin, faut-il s’en inquiéter, faut-il craindre une volonté de contrôler les opérateurs de façon plus étroite ?

PN: C’est une bonne chose qui induit une professionnalisation des acteurs en matière de lutte contre la fraude et contre le blanchiment.

3) PH: Vous revenez de San José, les acteurs du bitcoin sont-ils optimistes ?

PN: Compte tenu des financements annoncés (Bitpay, Bitinstant, Coinbase, Coinlab, Paymium) et de la progression constante du cours depuis 2010, il y a toutes les raisons d’être optimiste.
L’acceptation et la connaissance de bitcoin gagnent du terrain chaque mois.
Gavin Andresen, le lead developper de l’implémentation de référence du client bitcoin (dite client “satoshi”), rappelait d’ailleurs dans son discours “state of the coin” à San José, que le succès de ce projet open source qu’est Bitcoin dépasse toutes ses espérances.

4) PH: Vous êtes intervenu lors de cette conférence internationale, quelles idées avez-vous développé ?

PN : J’ai présenté la technologie bitcoin appliquée aux paiements sur internet en la comparant dans ce domaine à la carte bancaire.
Le paiement en un clic (sans saisie d’un formulaire sur le site marchand) est une simplification considérable, particulièrement utile pour les achats de petits montants.
Paymium est le leader européen dans ce domaine avec notre application de paiement mobile paytunia et bitcoin-central, notre bourse d’échange Bitcoin/Euro .

5) PH: Quelles sont les principales nouveautés ou tendances présentées lors de cette conférence ?

PN: La plus importante annonce, délivrée par Gavin Andresen, concerne le réseau bitcoin lui-même.
Le réseau bitcoin devient de plus en plus performant: la prochaine version du client “satoshi” sera capable de traiter des blocs de transactions plus importants. La limite actuelle est de 1 Mo par bloc ce qui correspond à environ 10 transactions par secondes, à comparer à 10 000 transactions par seconde pour le réseau Visa. I fallait donc faire quelque chose pour accompagner la croissance de l’économie Bitcoin.
De plus, le client “satoshi” permettra d’identifier bientôt un marchand par son certificat SSL, assurant des adresses de paiement bitcoin tout à fait fiables. Le certificat SSL réduit très fortement le risque qu’un pirate substitue son adresse de paiement à celle du marchand.

Des bourses d’échanges bitcoin s’ouvrent dans toutes les zones monétaires (Europe, Amérique du Sud, Asie).

Les capitaux commencent à irriguer les start ups bitcoins avec désormais deux investissements “séries A” par des investisseurs anglo-saxons: Coinbase (5 million USD) et Bitpay (2 million USD).
Un fond d’investissement s’est créé aux US (une part = un bitcoin) permettant aux investisseurs institutionnels d’investir dans des bitcoins comme ils investissent dans n’importe quel autre support financier.

6) PH: Quelles nouveautés pour votre société Paymium ?

PN : Nous avons annoncé que nous allions relancé le site d’échange bitcoin-central avec un nouveau partenaire bancaire, encore plus de sécurité et des fonctionnalités nouvelles comme la possibilté de stocker chez Paymium ses bitcoins dans un coffre-fort “offline”.

 
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L’oligopole Visa/Mastercard

Bitcoin est une excellente nouvelle pour les citoyens européens: pour la première fois, il est possible désormais de faire émerger une alternative aux réseaux privés (Visa/Mastercard), via le réseau bitcoin.
Publié sous licence libre, le protocole bitcoin constitue une norme mondiale de facto: il permet à toutes les solutions qui s’appuient sur cette technologie d’être compatibles entre elles, contrairement aux derniers projets des banques (Kwixo, s-money) ou des opérateurs télécoms (Buyster). Ces projets se heurtent au mur de «l’effet réseau»: un utilisateur de Kwixo ne peut pas payer simplement un utilisateur de Buyster. Seul Paypal grâce à sa position dominante basée sur un très grand nombre d’utilisateurs peut convaincre aisément les marchands de proposer sa solution de paiement en ligne.

Blonde shopping
Légende sexiste: faut-il être blonde pour envoyer son numéro de CB par internet?

C’est pourquoi, les concurrents de Paypal sont condamnés à se mettre d’accord rapidement sur un protocole standard ou à disparaître.
Bitcoin est donc un ingrédient essentiel dans la mise en place d’une alternative européenne aux moyens de paiement dominants qui prélèvent une part considérable des marges de la distribution en ligne: typiquement, la commission de 3% prélevée par Paypal sur le montant d’un achat en ligne représente plus du tiers de la marge du commerçant !

Parce que bitcoin est un logiciel libre il instaure une régime de concurrence saine et , aucune société ne pourra jamais imposer des commissions excessives sur le réseau bitcoin sans craindre d’y être dépassée par ses concurrents. Rappelons que les banques prélèvent plus de 3 milliards d’euros par an sur le commerce en France avec les commissions sur les transactions cartes bancaires (d’après le rapport Pauget-Constans sur l’avenir des moyens de paiement, le marché français des paiements par carte a généré pour les banques un résultat courant avant impôt de 2,6 milliards d’euros en 2009) et une somme équivalente avec les cotisations et autres frais facturés aux utilisateurs. Ces sommes astronomiques sont tout simplement le révélateur d’une situation de marché non concurrentielle.
La Commission européenne a estimé que le total des paiements effectués par carte s’élevait à 1350 milliards d’euros par an et ces paiements donnaient lieu à des commissions d’interchange d’un montant évalué à 25 milliards d’euros par an, que les banques facturent indirectement aux entreprises de l’Union européenne.
A l’instar de diverses autorités nationales, la Commission européenne a pointé à plusieurs reprises le caractère infondé, anticoncurrentiel et disproportionné de ces commissions.
Elle critique notamment le fait que ces commissions gonflent le coût de l’acceptation des cartes par les détaillants sans générer des gains d’efficacité prouvés ainsi que le risque pour les consommateurs de payer deux fois les cartes de paiement (une première fois sous la forme de frais annuels payés à leur banque et une seconde fois sous la forme de prix de détail majorés).

Bitcoin est aussi une mauvaise nouvelle pour ceux qui profitent de la fraude à la carte bancaire: avec la technologie bitcoin, l’utilisateur n’expose aucune donnée bancaire susceptible d’être utilisée pour prélever des sommes indues sur son compte. Bitcoin est un paiement «push» consistant à envoyer un message comportant une transaction signée alors que les moyens de paiement traditionnels (cartes bancaires) fonctionnent en mode «pull» et consistent à fournir une information sensible (le numéro de carte) permettant de prélever de l’argent sur un compte.

Alors que l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP) a publié un nouveau rapport sur la hausse des fraudes à la carte bancaire sur internet, l’UFC-Que Choisir dans son étude de février 2012 , dénonçait l’ampleur de la fraude sur les paiements en ligne, fraude jusqu’à 113 fois plus élevée que sur les paiements de proximité. Selon l’étude de l’ONDRP , en 2011, 650 000 ménages (2,3 % du total) ont déclaré avoir été victimes d’au moins un débit frauduleux sur un compte bancaire, contre 500 000 (1,8% des ménages) en 2010. Déjà, fin 2012, l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement confirmait la progression de la fraude, de 12 % en montant de 2010 à 2011 alors que les paiements par carte ne progressaient que de 7 %. Le commerce à distance représentait 61 % de la fraude, pour seulement 8,4 % des transactions. De plus, dans 70 % des cas ce sont les consommateurs qui ont détecté la fraude, les banques n’ayant prévenu les clients que dans 22 % des cas.
Bitcoin oppose une prévention efficace à la fraude: il est beaucoup plus logique et facile d’identifier les commerces de confiance que de scruter les habitudes d’achat de millions d’utilisateurs.

Pour mettre en oeuvre cette innovation, il faudra qu’il soit permis aux entreprises et aux particuliers d’utiliser un autre système que les circuits bancaires existants: puisqu’un autre réseau libre, le web, a permis de développer des services de «banque en ligne», compléments rapides et efficaces des agences «brick and mortar», il est permis d’imaginer que le réseau bitcoin complétera bientôt l’éventail des moyens de paiements du plus grand nombre.
Concurrence et monopole s’opposent comme résilience et efficience: l’économie manque aujourd’hui de résilience avec des crises à répétition et l’efficience du monopole n’est plus perçue que par ceux qui en bénéficient directement, les banques.
C’est le monopole et sa délégation aux banques dont il faut absolument corriger les effets néfastes en mettant en place un ou plusieurs systèmes transactionnels alternatifs. Ces systèmes alternatifs doivent être mis en concurrence avec les systèmes bancaires de la même façon que les opérateurs télécoms «historiques» ont été contraints à davantage d’innovation et de performance par l’émergence d’opérateurs alternatifs.
Aujourd’hui, Bitcoin est la seule alternative crédible à même d’offrir les bénéfices d’une concurrence significative. Les autres modèles de monnaies alternatives sont centralisés autour d’une organisation (association ou collectivité territoriale pour les monnaies dites «locales», réseau social privé ou éditeur de jeu vidéos pour les monnaies dites «virtuelles»), maillon faible qui peut être aisément contrôlé par le système bancaire central, requalifié en «établissement financier» pour mieux l’absorber, effaçant ainsi au passage son potentiel de transformation des pratiques bancaires.

 
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Joyeuses Pâques !

De manière assez incroyable, toutes les banques européennes ont décidé de fermer pour 4 jours (alors que l’immense majorité des entreprises, des professions libérales et des artisans travaillent vendredi) sans assurer l’acheminement des virements.
Il s’agit pourtant de simples messages électroniques qui transitent par des systèmes informatiques.
Nous devrons donc attendre sans doute mardi matin pour voir apparaître tout virement sur notre compte: des livraisons sont retardées, des commandes sont remises à mardi, toute l’activité économique du continent est ralentie pour quatre jours.

Lapin crétin

Pourquoi les opérateurs d’un système monétaire imposé se priveraient ils de partir en week end très prolongé? Par gratitude pour les 1600 milliards d’euros qu’ils ont reçus des citoyens européens ? Non: la culture du monopole l’emportera toujours chez eux.
Voilà une illustration concrète de l’inefficacité voire de l’irresponsabilité du système bancaire actuel:
alors que des “efforts” sont demandés à tous les acteurs économiques en ces temps de crise monétaire, les banques s’affranchissent une fois de plus de toute exigence.

 
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Les améliorations dans la nouvelle version du client Satoshi

L’implémentation de référence du client “bitcoin” permet de définir la base du consensus autour du protocole bitcoin.
Installer et faire tourner le client “Satoshi” sur son PC ou MAC le transforme en “full node” du réseau peer-to-peer Bitcoin, c’est à dire un noeud du réseau capable de vérifier et relayer les transactions tout en maintenant une copie à jour de la “chaîne de blocs” Bitcoin, c’est à dire l’historique complet des transactions Bitcoin depuis l’origine du 3 janvier 2009.

Ecran Client Satoshi
L’écran d’accueil du porte-monnaie Bitcoin “officiel” (le client “Satoshi”)

Tout autre implémentation d’un porte-monnaie bitcoin peut tester sa compatibilité avec le réseau bitcoin en envoyant et en recevant depuis ce fameux client dit “Satoshi”, maintenu par une équipe brillante d’une trentaine de développeurs “conduite” par Gavin Andresen (Lead Core Developper)*.

La nouvelle version 0.8.0 intègre des améliorations notables en termes de performances afin de faire face à l’augmentation du nombre des transactions sur le réseau et de la taille de la base de donnée (la chaîne de blocs) qui en résulte, 5,3 giga-octets à fin février 2013.

Checkpoint au bloc n°216116: une attaque des 51% ne peut pas réécrire l’historique plus loin que ce bloc, les transactions jusqu’à ce bloc sont devenues absolument irréversibles.
Nouvelle base de données
Plus de fichier blkindex.dat

Incompatibilités
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Cette version ne maintient plus un index complet des ids de transactions: la recherche d’une transaction quelconque par un appel RPC getrawtransaction ne marchera plus.

Améliorations
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Les fichiers exécutables Mac et Windows sont maintenant signés avec des certificats détenus par la Bitcoin Foundation pour assurer la compatibilité avec les nouvelles fonctions de sécurité de OSX 10.8 et Windows 8.

LevelDB, la base de données rapide, open source de Google, est maintenant utilisée pour stocker localement les transactions et les indices des blocs.

Berkeley DB est toujours utilisée mais uniquement pour le fichier wallet.dat ( contenant les clés publiques et privées du wallet ainsi que les transactions qui les concernent).

Pieter Wuille a développé de nombreuses optimisations dans la manière de vérifier les transactions de sorte que le client “satoshi” utilise beaucoup moins de mémoire et d’entrées/sorties.

Nouvelles fonctionnalités
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Support d’un “Bloom filter” dans le protocole pour envoyer seulement les transactions pertinentes aux clients “légers”.

contrib/verifysfbinaries est un script (shell) pour vérifier l’intégrité des exécutables disponibles en téléchargement sur Source Forge.

contrib/spendfrom est un utilitaire python en ligne de commande pour utiliser l’API JSON-RPC “raw transactions” JSON-RPC api permettant d’envoyer des bitcoins depuis une certaine adresse de réception (cf. “coin control”).

Nouvelles options de ligne de commande
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dbcache : contrôle l’utilisation de la mémoire par LevelDB. Par exemple bitcoind -dbcache=1000
utilisera un gigabyte de mémoire et accélèrera le chargement initial de la chaîne de blocs.

par : contrôle le nombre de threads utilisés pour valider les transactions. Par défaut, le nombre de CPUs sur votre machine, -par=1 pour limiter à un seul CPU.

txindex : maintient un index supplémentaire des anciennes transactions ids de sorte qu’elles peuvent être retrouvées par la méthode JSON-RPC getrawtransaction.

reindex : reconstruit les index des blocs et des transactions à partir des données de blocs téléchargées.

Nouvelles fonctions de l’API JSON-RPC
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lockunspent / listlockunspent: permet de bloquer des sorties de transactions pour un temps afin qu’elles ne soient pas dépensées par d’autres processus accédant au même wallet.

addnode / getaddednodeinfo: permet de se connecter à un “pair” spécifique sans redémarrer.

importprivkey: comporte désormais un paramètre booléen optionnel (par défaut: true) pour contrôler le rescan de la chaîne de blocs après l’importation d’un clé privée dans le wallet.

(*) La liste des développeurs du client “Satoshi”:
Gavin Andresen
Alexander Kjeldaas
Andrey Alekseenko
Arnav Singh
Christian von Roques
Eric Lombrozo
Forrest Voight
Gregory Maxwell
Jeff Garzik
Luke Dashjr
Matt Corallo
Mike Cassano
Mike Hearn
Peter Todd
Philip Kaufmann
Pieter Wuille
Richard Schwab
Robert Backhaus
Rune K. Svendsen
Sergio Demian Lerner
Wladimir J. van der Laan
burger2
default
fanquake
grimd34th
justmoon
redshark1802
tucenaber
xanatos

 
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Hausse récente du taux de change: les bitcoins seraient-ils un meilleur placement que l’or ?

La question se pose car, comme l’or, les bitcoins ne peuvent exister qu’en quantité limitée, comme d’autres matières premières précieuses mais à l’inverse des monnaies étatiques (euros, dollars) qui sont émises en quantité illimitée par les banques sous forme de monnaie scripturale (argent-dette). Il ne peut pas exister plus de 21 millions de bitcoins (cf mon livre «Bitcoin Book» pour les explications mathématiques).

En fait , bitcoin est avant tout un réseau de pair à pair qui permet de traiter des transactions sur internet. C’est à ce titre qu’il agite les lobbies bancaires et financiers qui craignent la désintermédiation, cette situation où le détenteur d’un point de passage obligé (banquier, assureur, notaire, etc.) voit sa rente s’évaporer, à son grand désarroi.
En transformant internet en un gigantesque réseau de paiement ouvert concurrent de Visa et Mastercard, le réseau bitcoin donne sa valeur aux unités de compte qu’il permet d’échanger: les bitcoins. Ceux -ci sont instantanément transférables d’une clé secrète A vers une clé secrète B. Le transfert n’est possible que par celui qui connait A: la clé secrète A est utilisée pour signer la transaction. La transaction s’inscrit dans une base de donnée partagée par les milliers de participants au réseau. Elle est sécurisée par des lois mathématiques qui la rendent à la fois facilement vérifiable et progressivement impossible à modifier.
En particulier, les clés secrètes sont transformées en adresses bitcoin par un procédé cryptographique: la connaissance des adresses qui sont publiées ne permet pas de remonter aux clés privées qui ont permis de les générer.
Tout ceci distingue clairement bitcoin de l’or: chaque transfert de bitcoin ne prend que quelques secondes et quiconque disposant d’un accès internet peut le vérifier.
L’or est au contraire coûteux à transférer de sorte qu’il circule sous forme de transactions «virtuelles», le plus souvent opaques et invérifiables pour le commun des mortels.

Cours du Napoléon

Si l’or est échangé sous forme de pièces ou de lingots, la transaction est encore moins facile: à moins d’être un expert et de disposer d’équipements sophistiqués, la teneur en or est impossible à vérifier. Le Figaro du 30 octobre 2012 révélait que les lingots d’or sont victimes de contrefaçon au tungstene, un métal, connu pour avoir presque la même masse volumique que l’or, qui peut être simplement plaqué or pour former un lingot insoupçonnable, paré des plus beaux poinçons: «en 2009, Rob Kirby, éditorialiste de Goldseek.com et réputé pour sa connaissance du secteur, avait affirmé que 16.000 tonnes de faux lingots fourrés au tungstène auraient été fabriqués sous l’administration Clinton».

Une pièce de 20 francs-or: le Napoléon
Le “Napoléon”: une pièce de 20 francs-or.

Les partisans de l’or et les défenseurs du statu quo, évoquent parfois l’absence d’applications industrielles pour les bitcoins. Pourtant, l’application existe et elle est énorme: il s’agit du traitement des transactions sur internet. Chaque transaction traitée via le réseau bitcoin crée une demande instantanée pour une certaine quantité de bitcoins. Pour le comprendre, il faut se rappeler qu’un transaction se définit comme «traitée» lorsque le destinataire de la transaction est capable de dépenser à son tour la somme qui lui a été envoyée.
Supposons dans un premier temps, pour simplifier, que 21 millions de bitcoins sont déjà en circulation (nous en sommes aujourd’hui à près de 11 millions) de sorte qu’aucun nouveau bitcoin n’est plus créé (seulement quelques fractions de bitcoins de plus en plus petites).
Si toute les transactions étaient traitées en une seconde et que nous observions à chaque seconde un montant total de transactions bitcoins de 21 millions, la demande serait égale à l’offre: nous aurions atteint un point d’équilibre. Les bitcoins «libérés» à l’issu d’une transaction traitée sont immédiatement «rachetés» dans un marché parfaitement liquide, à un prix d’équilibre.
Dans la réalité, plusieurs facteurs influencent cet équilibre: la thésaurisation (les bitcoins libérés ne sont pas tous repris dans un nouvelle transaction mais conservés en partie par des destinataires épargnants) et la hiérarchie des transactions (toutes les transactions n’ont pas la même priorité suivant leur contexte ou leur montant: leurs périodes de traitement ne sont pas identiques). Par exemple, une transaction dite de «proximité», c’est à dire dans un magasin où l’acheteur repart avec un bien physique dans un sac a une priorité plus élevée que le même achat réalisé en vente à distance sur internet.
Pour simplifier, supposons aussi que toutes les transactions ont la même priorité (donc le même temps de traitement ) et que la thésaurisation est stable, intégrée dans le taux de change des bitcoins (par exemple, 80% des bitcoins sont thésaurisés et 20% circulent).
Soit B le taux de change exprimé en euro/btc pour acheter des bitcoins (Bid), A le taux de change pour les vendre (Ask: la différence entre B et A s’appelle le «spread» de liquidité. Nous supposons ici une liquidité parfaite avec A = B ), K la masse de bitcoins «circulants» (dans les transactions en cours de traitement) et S(t) le montant total en euro des transactions passant par le réseau bitcoin à l’instant t (t est un petit intervalle de temps, par exemple 1 seconde) et enfin P la période moyenne de traitement d’une transaction, exprimée dans le même intervalle de temps (par exemple 20 minutes soit 1200 x t ). Nous avons, pour t suffisamment grand, ( t > 20 min dans notre exemple pour éviter les effets de bord au démarrage ):
Formule mathématique

On constate facilement que si le volume de bitcoins circulants K est relativement stable, toute augmentation du montant S en euro des transactions traitées va se traduire par une augmentation du taux de change B (le prix d’un bitcoin en euro).
Une autre traduction de la formule consiste à dire qu’une baisse du taux de change B avec un montant des transactions traitées resté stable implique une augmentation du volume des bitcoins circulants. En réalité, dans ce cas, notre hypothèse d’une liquidité parfaite n’est plus vérifiée: une baisse du cours est compensée en partie par un élargissement du spread de liquidité qui vient en fait réduire le volume des bitcoins circulants.
On peut donc dire que les bitcoins se comportent comme des actions d’un réseau de traitement des transactions: plus le réseau est utile, plus les actions sont valorisées.
Dans un article publié en janvier 2012, alors qu’un bitcoin valait alors 4 dollars, j’avais rappelé les capitalisations boursières de Visa et Mastercard pour évaluer la valeur prévisible d’un bitcoin: elles sont aujourd’hui respectivement de 107 milliards et 65 milliards de dollars, soit un total de 172 milliards.
Même si le réseau bitcoin ne prenait pas plus de 1% de ce marché en croissance constante, on calcule une valeur de 1,72 milliards répartie sur 21 millions d’unités de compte soit 80 dollars par bitcoin (à comparer au cours du jour qui est de 23 dollars).
Si vous croyez comme moi que bitcoin ne s’arrêtera pas à 1% de part de marché, vous comprendrez que la valorisation de bitcoin est appelée à progresser encore et que la hausse récente (13.50 dollars le 1er janvier 2013, soit +70% en 5 semaines et +475 % depuis la parution de mon premier article un an plus tôt) n’est que le reflet de cette tendance de fond.

 
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Le commerce du risque

Alors que débute le congrès annuel des gloutons à Davos, le FMI vient de reconnaître qu’il a gravement sous-estimé l’impact de la rigueur budgétaire sur la croissance.
Ce n’est évidemment pas surprenant: le FMI, créé en 1944 par les accords de Bretton-Woods, est le bras armé de la finance dans les pays en difficulté.
Sous couvert de “sauver” l’économie des pays menacés, le FMI arrive toujours avec les mêmes recommandations de rigueur pour éviter les deux terreurs des banquiers: le défaut de paiement et la dévaluation.
Rappelons que c’est en désobéissant au FMI dans les années 80 que l’Argentine a pu se sortir d’une crise grave en dévaluant sa monnaie et en mettant sa dette en défaut.

Dessin Plantu FMI, Le Monde

La Grèce aurait dû prendre les mêmes mesures, c’est à dire le retour à la Drachme et le défaut de paiement, afin de faire payer les banquiers et leurs actionnaires, c’est à dire l’économie de la rente plutôt que l’économie productive.
Leurs dirigeants politiques, issus de Goldman Sachs, ont évidemment préféré sacrifier le niveau de vie des salariés et des fonctionnaires.
La seule rigueur qui pourrait s’appliquer avec succès concerne le secteur improductif de l’Etat (les administratifs qui sont partout trop nombreux, comme si l’informatique n’existait pas) et le secteur bancaire aux effectifs pléthoriques qui croissent encore alors que tous les secteurs productifs sont eux obligés de licencier.
Le FMI fait partie intégrante du dispositif qui permet à une minorité de s’enrichir dans le commerce du risque, au prix d’un prélèvement frauduleux sur l’économie réelle: le FMI intervient lorsque les conséquences désastreuses de ce commerce commence à se faire sentir et dévie alors la charge des réparations sur les peuples quand les seuls responsables sont les politiques et les banquiers. Les “économistes” orthodoxes jouent leur rôle de caution pseud-scientifique: souvenons nous de Milton Friedman (prix Nobel de propagande économique) dans les années 70, conseillant la junte chilienne emmenée par le général criminel Pinochet pour “redresser” le pays après le coup d’état qui y renversa Salvador Allende.
La propagande revendique une rigueur scientifique totalement factice, notamment avec la formule de Black-Scholes qui permet le commerce du risque en mettant un prix sur le risque. Seul problème, ce modèle de prix est faux car il suppose que les risques économiques se réalisent dans une loi de probabilité dite “normale” (loi de Gauss) alors qu’ils interviennent en réalité selon une loi de puissance (comme la loi de Pareto ou loi des 80/20: 20% des entreprises créent 80% de la richesse, etc). Cette supercherie a été abondamment dénoncée, la première fois par Benoit Mandelbrot dès les années 70 puis plus récemment par Nicholas Taleb (“Le cygne noir“) et Philippe Herlin (“Le nouveau paradigme“) mais jamais condamnée par les institutions qui en profitent.

Benoit Mandelbrot
Benoit Mandelbrot

L’accumulation des risques (environnement et matières premières, démographie, progrès inégalement distribué, fin de l’étalon or) à partir de 1973 (1er choc pétrolier) a transformé le commerce du risque en un piège dont les démocraties modernes doivent se sortir au plus vite en reconnaissant son caractère néfaste et frauduleux. Le piège est d’autant plus redoutable que, comme le soulignait récemment le Nouvel Economiste, plus de 40% des transactions se font désormais de gré à gré hors des marchés “régulés”. Dans cette spirale infernale, les banques françaises jouent leur rôle de mondialistes sous couvert de la loi des marchés.
La Société Générale CIB (“Corporate and Investment Banking”) a incité il y a quelques semaines ses salariés analystes de marché et traders – à rejoindre Londres avec un contrat de travail britannique sensiblement plus avantageux pour elle (en contrepartie d’une augmentation de salaires). BNP Paribas a nommé son nouveau responsable européen des ventes pour les dérivés actions – Nick Tranter, ex-Morgan Stanely – à Londres car la plupart de ses clients et interlocuteurs, les hedge funds, y sont implantés.
Tout ceci témoigne que le FMI, la BCE et les banques sont les acteurs d’une seule et même dictature financière que nous vivons à court terme sans perspective concrète sur l’intérêt général et le long terme.

 
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François Hollande (encore) plus timide que Lionel Jospin

Communiqué du Parti Pirate

Lors de la cérémonie des voeux au Conseil Constitutionnel du 7 janvier (1), François Hollande a levé un coin du voile sur les suites qu’il entend donner aux recommandations du rapport Jospin dont le Parti Pirate avait relevé dès le 10 novembre dernier (2), le caractère à la fois timide et quelque peu obsolète.

V. Trierweiler
V. Tweetweiler, Présidente de la République

Parmi les mesures retenues, on relève la suppression du statut de membre de droit du Conseil Constitutionnel pour les anciens présidents. La mesure, dans la continuité du rapport Jospin, reste très en deçà des propositions pirates, qui réclament une véritable réforme de cette institution : si, comme l’affirme son actuel Président, Jean-Louis Debré, elle est devenue une véritable “cour constitutionnelle”, elle doit alors être exclusivement composée de juristes élus par leurs pairs, et non de politiques nommés par les présidents de chambres et le Président de la République.

Surtout, par cette mesure symbolique et hautement visible quoiqu’à effet différé du fait de sa non-rétroactivité, François Hollande détourne l’attention d’un renoncement dont la portée symbolique est tout aussi importante.

Le Parti Pirate s’étonne en effet des termes de la déclaration du Chef de l’État concernant l’abandon du “parrainage citoyen” qui comptait, nous sommes obligé d’employer l’imparfait, parmi les promesses de campagne. Cette possibilité d’expression populaire est donc simplement abandonnée en rase “après-campagne”.

On apprend que la mesure serait « trop compliquée à mettre en oeuvre ». Cette découverte tardive fait froid dans le dos : le candidat Hollande n’aurait-il pas anticipé la faisabilité des promesses dont son programme était constitué ? Voilà qui n’aidera pas les citoyens à retrouver la confiance dont ils ont besoin dans leurs institutions publiques.

Bref, de replis en reculades n’est-ce pas ainsi que l’on vide un rapport (déjà timoré) de son contenu ; voire son programme ?

Plus profondément, c’est une fois encore les citoyens que l’on tient à l’écart du pouvoir. Les parrainages à l’élection présidentielle fleurent bon la “République des notables” qui tient le citoyen en éternel mineur d’un système politique qui lui échappe largement. Avec François Hollande, ce n’est pas prêt de changer.

Logo Parti Pirate

Fin du communiqué: c’est tellement limpide que je n’ai rien à ajouter. Merci, une fois de plus, au Parti Pirate pour sa vigilance citoyenne.

 
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2013, année du Serpent

Dans l’astrologie chinoise, le Serpent est symboliquement associé à la sagesse, la culture, la réflexion, la créativité, la connaissance de soi…
Je forme des voeux pour que, cette année, la réflexion collective sur les causes de la crise économique se porte enfin sur le totalitarisme monétaire: nous pouvons remettre en cause le principe d’une monnaie centrale et monopolistique qui s’impose à tous sous couvert d’une apparence de démocratie politique.

Monopoly
2013: fin de partie au monopoly ?

Le cartel bancaire auquel l’économie réelle est confrontée, résulte d’un monopole de création monétaire distribué à des sociétés privées (les banques) par une banque centrale.
Comme le souligne Henri de Bodinat dans son excellent livre “Les sept plaies du capitalisme”, non contentes de détourner le privilège de la création monétaire pour des activités spéculatives dangereuses pour les autres acteurs de l’économie, les banques profitent de cette position stratégique pour capter une part de valeur démesurée. En 2007 (juste avant la chute), les profits des banques américaines ont représenté 40% des profits des 500 plus grandes entreprises américaines: ce pourcentage était de 7% en 1950..

Ce système n’offre aucune incitation à ses bénéficiaires (les banques) pour respecter l’intérêt général, contrairement à l’économie réelle qui se définit par l’ensemble des acteurs économiques qui remplissent une fonction utile à l’intérêt général. Certains de ses acteurs sont d’ailleurs financiarisés, c’est à dire contrôlés par un management dévoué à la sphère financière et agissent également au mépris de l’intérêt général: citons notamment les grands groupes pétroliers,agro-alimentaires et pharmaceutiques. Cependant, il existe un mécanisme limitant leur propension à la cupidité: la possibilité d’une sanction en cas de dommages environnementaux ou sociétaux et l’opportunité d’un arbitrage en faveur d’un autre produit.
L’efficacité de ce mécanisme régulateur est fortement réduite par les barrières à l’entrée qu’élèvent les multinationales mais on peut dire qu’un contre-pouvoir est possible dans l’économie réelle.
Ce mécanisme de sanction et d’arbitrage n’existe pas, en pratique, en ce qui concerne le système bancaire, c’est à dire l’économie virtuelle. On peut dire que nous avons affaire à une seule banque puisque nous ne pouvons acheter et vendre qu’avec une seule monnaie: la confusion entre l’activité bancaire et la création monétaire de l’argent-dette est totale.
Il ne peut plus y avoir de sanction: quand la spéculation rapporte les profits énormes sont privatisés, quand elle génère des pertes abyssales, elles sont payées par les contribuables. Selon un document publié fin 2011 par la Commission européenne, les aides d’Etat accordées aux banques européennes se sont élevées à 1.600 milliards d’euros entre octobre 2008 et fin décembre 2011, soit 13% du PIB de l’UE.

C’est donc le monopole et sa délégation au cartel bancaire qu’il faut affaiblir absolument en mettant en place un ou plusieurs systèmes monétaires alternatifs. Ces systèmes alternatifs doivent être mis en concurrence avec le système monétaire centralisé «historique» de la même façon que les opérateurs télécoms «historiques» ont été contraints à davantage d’innovation et de performance par l’émergence d’opérateurs alternatifs.
Aujourd’hui, Bitcoin est la seule alternative crédible à même d’offrir les bénéfices d’une concurrence monétaire significative. Les autres modèles de monnaies alternatives sont centralisés autour d’une organisation (association ou collectivité territoriale pour les monnaies dites «locales», réseau social privé ou éditeur de jeu vidéos pour les monnaies dites «virtuelles»), maillon faible qui peut être aisément contrôlé par le système bancaire central, requalifié en «établissement financier» pour mieux l’absorber, effaçant ainsi au passage son potentiel de transformation des pratiques bancaires.
C’est pourquoi, Bitcoin doit être défendu contre les attaques des lobbys et des régulateurs, trop souvent défenseurs zélés du statu quo.
En tant que technologie de pair-à-pair véritablement innovante que nul ne peut éteindre ou proscrire, Bitcoin est théoriquement immunisé contre leurs méfaits mais 2013 verra peut être des obstacles totalitaires tenter de s’opposer à sa progression inéluctable.

 
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Les blanchisseurs des cartels de la drogue utilisaient du cash: HSBC paye près de 2 milliards d’amendes

Le procureur général des Etats-Unis, Larry Breuer vient d’annoncer (mardi 11 décembre) que HSBC allait payer 1,9 milliards de dollars d’amende suite à une enquête sur le blanchiment d’argent opéré par les cartels mexicains de la drogue à travers les agences mexicaines de la banque. Selon les résultats de l’enquête, un cartel mexicain et un cartel colombien ont à eux seuls transférés près de 900 million de dollars entre 2006 et 2010 grâce à HSBC. HSBC a laissé passer sans contrôle un total de 670 milliards de virements bancaires et 10 milliards de transactions en cash.

Stuart Gulliver, PDG de la banque HSBC
Stuart Gulliver, PDG de HSBC

Evidemment, une telle amende équivaut pour une banque à une tape sur la main: son PDG Stuart Gulliver a feint la contrition alors qu’il est seulement furieux de s’être fait prendre. Après tout, les bonnes affaires de sa filiale américaine ont contribué à sa “performance” et à lui apporter ainsi un total (salaire + bonus) de 9 million d’euros en 2011. Pour rappel, un prix Nobel touche moins de un million d’euros, une seule fois, pour l’oeuvre de toute une vie.

Les grosses coupures de la BCE
Evolution de la quantité de billets en circulation entre 2002 et 2010: les grosses coupures de la BCE

Cette affaire met en perspective les accusations des amis des banquiers concernant bitcoin qui faciliterait, selon eux, le blanchiment d’argent. Curieusement, les mêmes accusations ne sont pas adressées au dollar alors que c’est ce système monétaire qui a été l’outil du blanchiment à travers HSBC.
Pourquoi, d’ailleurs, la BCE imprime-t-elle tant de billets de 100, 200 ou 500 euros, que les “honnêtes” citoyens n’utilisent quasisment jamais ?

Billet de 500 euros

Avec bitcoin, les transactions sont publiées: il y a peu de chances qu’un cartel de la drogue soit capable de faire transiter autant d’argent sans laisser un “data trail”, à un moment ou à un autre, qui permettrait de remonter une filière. Les grosses coupures et les banques centrales qui les émettent, restent leurs meilleurs alliés.

 
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Une Machine à Perdre (UMP): Coppé va-t-il battre Fillon par chaos ?

“Les gens bons ne se soucient pas de gouverner.”
Alain

Le désordre des élections à l’UMP démontre une fois de plus qu’un système électoral peut se transformer en piège pour les électeurs.
Si le suffrage universel direct débouche sur une professionnalisation quasi totale de la vie politique, l’oligarchie ne tarde pas à remplacer la démocratie.
Nous avons depuis longtemps dépassé ce stade: il faut parler désormais, comme le fait justement Etienne Chouard (voir son excellent blog), de totalitarisme financier.

Etienne Chouard
Etienne Chouard

Ce totalitarisme ne peut s’exercer avec efficacité qu’avec des politiciens professionnels dont les lobbys n’ont aucun mal à faire leurs obligés.
Dans l’ancien régime, il fallait être né noble, aujourd’hui, il faut être vu à la télé.
La télé coûte cher et a besoin d’audience: les journalistes choisissent les vedettes de la politique avec lesquels ils forment un écosystème lisse n’offrant aucune prise aux citoyens, même si comme Etienne Chouard, ils ont d’excellentes idées.
Celles-ci ne seront jamais débattues ailleurs que sur internet tant qu’un nouveau régime électoral ne sera pas mis en place. Lequel ?
Consciente des dangers de la professionnalisation que nous venons d’évoquer, la démocratie athénienne l’avait inventé et mis en pratique avec succès, il y a déjà 2500 ans de cela: l’assemblée constituante tirée au sort.
Le tirage au sort d’un nombre suffisant de citoyens (par exemple 577+ 348 = 925, comme le nombre actuel des députés et des sénateurs) permettrait d’obtenir un échantillon à peu près représentatif de la société française, une fois par an. Ils seraient réunis en congrès pour décider des lois que les députés ne peuvent à l’évidence pas décider eux-même, comme la loi électorale. La carte des circonscriptions ne serait plus charcutée ou la proportionnelle évacuée, pour satisfaire la majorité des élus, notables en place, mais seulement après un débat citoyen où les mauvaises raisons auront du mal à gagner un consensus. La rémunération des élus et leurs diverses dotations ne seraient plus votées par les élus eux-mêmes.
Avec notre régime présidentiel, le seul parmi les pays développés hormis les USA, il n’y a pas de séparation effective entre pouvoirs exécutifs et législatifs. Les élections au suffrage universel direct donnent l’avantage aux candidats adoubés et indirectement sponsorisés par le système financier.
Il est temps de mettre en place le contre-pouvour d’une assemblée citoyenne tirée au sort. Comment est ce possible en pratique, dès aujourd’hui?
Bitcoin nous apporte une fois de plus une solution pratique élégante. Tout le monde peut vérifier facilement sur internet (par exemple sur www.blockchain.info) l’empreinte du dernier bloc ajouté à la chaîne de blocs bitcoin.
Celle du bloc 209400, qui vient d’être publié au moment où j’écris ce post se présente comme ça:
00000000000000e64f1d5c3afb2074b3cf6f240adadf4cec9a971d5c67dbcb48

Prenons les 12 derniers chiffres en sautant les lettres, on obtient la cible entière suivante:
404 997 156 748
Imaginons qu’auparavant, chaque français ait reçu ou choisi un numéro unique aléatoire entre 1 et 999 milliards. On pourrait prendre le numéro de sécurité sociale suivi du millésime de l’année en cours et calculer l’empreinte numérique de cette chaîne de caractère avec une fonction de hachage connue comme SHA1. Pour moi le calcul donnerait ceci:
71ff1abd74f89a6205ccb94ddabfff48be8f86f4
Mon numéro de ticket serait donc le n° 620 594 488 864.

Les représentants à l’assemblée constituante seraient les 925 citoyens dont les numéros de ticket se rapprochent le plus de la cible (par valeurs inférieures et supérieures). La cible serait donnée par l’empreinte du premier bloc bitcoin de l’année en cours.
Le système n’est pas très compliqué, peut être facilement vérifié par chacun grâce à internet et ne coûte rien à mettre en place.

Finissons en avec un régime électoral exclusif (le suffrage universel) qui donne le pouvoir à ceux qui le veulent et mettons en place un régime mixte (en ajoutant au Parlement une Assemblée constituante tirée au sort) qui donne le contre-pouvoir au peuple.

 
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