Bitcoin, “open source” monétaire

Dans cette vidéo, Pierre Noizat rappelle la nature de logiciel libre de bitcoin: un système monétaire ne peut pas dépendre d’un petit groupe de gens.
Aussi bien intentionnés soient ils au départ, ils ne pourront pas résister aux groupes de pression ni aux spéculateurs.
Par construction, un système “open source” comme bitcoin échappe à cette malédiction du pouvoir, pour paraphraser Louise Michel, car chacun peut analyser son fonctionnement et l’utiliser de manière autonome, sans dépendre nécessairement d’un tiers.
Dans un monde où l’argent liquide et les chèques sont supplantés par les transactions électroniques, bitcoin permet de construire un nouveau modèle de confiance.

 
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Fuites des cerveaux ? Non, ils restent !

J’ai déja parlé du pouvoir de sanction dévolu à la banque de France concernant les salaires des dirigeants des grandes banques française. Il n’a jamais été exercé. Le «gouverneur» nous a expliqué qu’il craint une fuite des cerveaux.
Voici donc la liste des cerveaux et leurs salaires 2011, au milieu de la plus grande crise financière depuis 1929:

Baudoin Prot
Baudoin Prot (BNP) 2,2 millions d’euros (130 fois le smic ! 50 fois le salaire moyen du dirigeant de PME de la construction ou du commerce)

Jean-Paul Chifflet (Crédit Agricole) 2 millions d’euros

Frédéric Oudéa (SG) 2 millions d’euros

Laurent Mignon (Natixis) 1,5 million d’euros

Pierre Mariani
Pierre Mariani (Dexia) 1,2 million d’euros
Mention spéciale au patron de Dexia, la banque qui a fourgué ces dernières années un maximum d’emprunts toxiques à taux variables aux villes françaises.

François Pérol (BPCE) 1,1 million d’euros
etc..

Une différence entre 1929 et maintenant, c’est qu’internet existe et tout le monde est au courant.
J’ai dit crise financière ? Ils n’y sont pour rien, bien entendu: elle n’est due qu’au chomeur et au smicard qui ne bosse pas assez pour eux !

La fuite des cerveaux peut être, mais de quels cerveaux ? De ceux qui inventent, qui nous enthousiasment, qui nous font réfléchir et progresser ? Non, il s’agit de cerveaux passés maître dans la politique de couloir, l’entregent et la manipulation pour se servir tranquillement dans la caisse avec cynisme.
De toute façon, dans chaque banque, il existe un vivier de 50 à 100 cadres sup, à peu près intercheangables, qui peuvent prétendre à prendre la place de ces «génies» que le monde entier nous envie. Personne ne verrait d’inconvénient à ce que les banques étrangères recrutent nos oiseaux rares (c’est comme ça que s’appellent les rapaces) mais il est risible d’imaginer que Wall Street et la City vont soudainement confier les responsabilités de leurs agissements à des banquiers français qui seraient tentés d’envoyer leur CV.
Il est vrai qu’à côté de Jamie Dimon, PDG de JP Morgan à Wall Street et ses 23 millions de dollars, ils font figure de cancres.
Sa dernière prouesse: “conseiller” Facebook pour son introduction en bourse à un prix délirant, constater dès le premier jour que ce prix ne tiendra, faire acheter par JP Morgan au soir de ce premier jour pour deux milliards de dollars d’actions Facebook afin de maintenir ce prix artificiellement. On vous le dit: il nous faut des cerveaux..

Ces hautes rémunérations sont un mécanisme essentiel à la préservation d’une sphère financière opaque et toute puissante: elles permettent la formation d’un club qui englobe les dirigeants des grandes entreprises cotées et les hauts fonctionnaires qui aspirent à y pantoufler.

Le livre de Frédéric Georges-Tudo, «Salauds de riches» (Editions François Bourin) s’avère très bien documenté et agréable à lire: il tord le cou à un certains nombre de mensonges colportés par une gauche et des médias démagogiques. Cependant, en mélangeant dans un même panier, pour les défendre, tous les riches, il tombe dans le même travers que le politiquement correct qui les attaquent: le joueur de football professionnel avec le banquier. Celui (le footballeur de haut niveau) qui a tout risqué et tout donné (sa jeunesse et ses études) pour vivre sa passion et atteindre une élite pour la partager est confondu avec celui (le dirigeant de banque) qui a froidement adhéré à un système pour en profiter au maximum, sans jamais rien inventer ni risquer autre chose que l’argent des autres.
D’ailleurs, qui est responsable de la financiarisation du sport, liée à la privatisation des droits de télévision, si ce ne sont ceux qui financiarisent l’économie tout entière ?
Il faut savoir aller à la racine du mal qui ronge le contrat social.

C’est pourquoi il est important de mettre fin, par la loi, à ces pratiques délétères qui se propagent du secteur bancaire aux grandes entreprises du CAC 40. Contrairement à ce qu’affirme Mme Parizot, présidente du MEDEF, les actionnaires (sauf si ils disposent de la majorité absolue, ce qui ne concerne qu’une poignée d’entreprises) n’ont pas les moyens de s’insurger individuellement contre ces rémunérations.

 
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Intérêts illégitimes: une longue parenthèse à fermer d’urgence

Usuriers
Usurier, par Quentin Metsys, vers 1517

L’argent est créé par les banques lorsqu’elles émettent des prêts : les banques ne possèdent pas l’argent qu’elles prêtent mais le créée ex nihilo en inscrivant dans leur livre la somme prêtée dans la colonne de gauche et la somme qu’on leur doit (c’est le même chiffre) dans la colonne de droite : c’est ce qu’on appelle de la monnaie scripturale. Les comptes des banques restent équilibrés et la monnaie circule. Le problème de ce mécanisme est lié à une situation de monopole accordé aux banques qui induit deux dérives :

1/ les intérêts illégitimes: la création monétaire ne s’applique qu’au capital (principal), c’est-à-dire au montant prêté. Les intérêts qui devront être remboursés ne correspondent à aucune création monétaire. L’emprunteur va devoir les prélever sur le reste de l’économie, sur son travail et sur sa richesse. Ce faisant, il va entrer en compétition avec d’autres emprunteurs : à tout instant, il y a moins d’argent en circulation que ce qui est dû aux banques.
On aboutit à une société hyper compétitive où la valeur « argent » l’emporte sur toutes les autres.
Ce serait acceptable si ce choix de société était compris et approuvé démocratiquement.
Ce n’est pas le cas : bien au contraire, le système bancaire a pris le contrôle des grandes entreprises et de la haute administration, les unes et les autres étant dominées par la même classe de dirigeants qui se cooptent, transfèrent et contrôlent.

2/ la captation progressive de tous les capitaux par la sphère financière, grâce à la mécanique des intérêts illégitimes que nous venons d’évoquer, lui confèrent une position dominante dans toute négociation et toute acquisition d’actifs : les actifs peuvent être achetés par les banques par simple création de monnaie scripturale avant que leur prix ne soient affectés par l’inflation de la masse monétaire. De leur côté, les acteurs de l’économie réelle doivent attendre que l’argent ait percolé dans le système jusqu’à eux. Ils doivent aussi payer des taux d’intérêts plus élevés car les banques leur appliquent une prime de risque, en tant que tiers plus ou moins solvables (les banques s’autoproclamant infiniment solvables, en dépit de toutes les évidences historiques).

Ces deux dérives finissent par déboucher sur des crises financières systémiques et donc récurrentes.
Il est donc urgent de profiter du progrès technologique pour mettre fin à ce monopole, sortir ainsi d’une économie financiarisée pour retourner à une économie réelle et durable.
Bitcoin nous donne les moyens technologiques d’effectuer ce retour en douceur et dès maintenant. Il est grand temps de fermer la parenthèse historique de la “monnaie élastique” et des prêts à intérêt, ouverte à la fin du moyen-âge.

 
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CISPA, nouvelle loi liberticide

Si quiconque doutait qu’il nous fallait un moyen de paiement anonyme sur internet pour continuer à faire vivre la démocratie et soutenir les causes de notre choix sans qu’un gouvernement autoritaire ou inféodé à des lobbies ne nous surveille, en voici une nouvelle preuve, amenée une fois de plus par le site avaaz.org.
Après leur “succès” avec ACTA, les lobbyistes de Microsoft et Facebook (surexcités par la perspective de l’introduction prochaine de Facebook en bourse) sont à nouveau à l’oeuvre.

ACTA

Les États-Unis sont sur le point d’adopter une loi qui autoriserait les agents fédéraux américains à espionner presque tous nos faits et gestes en ligne.

Des firmes à qui nous confions nos données personnelles, comme Microsoft et Facebook, devront transmettre l’intégralité des activités et données des utilisateurs aux agents fédéraux américains, sans mandat, au nom de la lutte contre les cybermenaces. Cette loi annulerait les garanties de confidentialité des données de quasiment tous les citoyens de la planète, où qu’ils vivent et quoi qu’ils fassent sur Internet.

La Loi sur la Protection et l’Échange de Renseignements sur Internet (CISPA) autoriserait les firmes implantées aux États-Unis à recueillir toutes les données sur nos activités en ligne et à les transmettre au gouvernement américain, sans nous prévenir. Ni mandat, ni motif juridique, ni procédure judiciaire ne seront nécessaires pour cela. Et pour ne rien arranger, le projet de loi prévoit une clause d’immunité qui protègera le gouvernement et ces firmes d’éventuelles poursuites pour violation de la vie privée.

Les défenseurs du projet de loi prétendent que le droit d’information des consommateurs sera protégé, mais en réalité d’énormes flous juridiques légitimeront la collecte de toutes nos activités en ligne — et aujourd’hui, à travers l’exclusivité dont bénéficie le paiement bancaire, du shopping à la banque en ligne, nos données personnelles sont toutes stockées sur Internet.

CISPA va être débattue au Congrès puis sera soumise au vote dans quelques jours.
Après HAdopi et ACTA, le pouvoir des lobbys se fait sentir de plus en plus pour refermer l’étau sur l’espace de liberté qu’est encore internet. Plus que jamais, nous avons besoin de projets libres comme Bitcoin.

STOP ACTA

 
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Du liquide sur internet ?

L’opinion communément véhiculée par les conservateurs (lobbyistes, médias sponsorisés par le secteur financier) sur tout moyen de paiement anonyme consiste à agiter le spectre de l’évasion fiscale et du blanchiment d’argent.
Les pratiques frauduleuses sont bien réelles mais passent pourtant le plus souvent par des banques dûment enregistrées, comme les centaines de filiales ouvertes par les grandes banques dans les paradis fiscaux.
La City de Londres s’en est fait une spécialité construite sur les 60 îles des ex-colonies britanniques à travers le monde.
Bitcoin, une innovation qui offre aux participants d’une transaction la liberté de révéler ou pas leur identité, est la cible de cette propagande contre le progrès et pour le status quo qui profite à ces banques.
Cependant, il est indispensable de préserver cette liberté de l’anonymat choisi pour ne pas laisser les dictatures prendre la main définitivement, dans un grand nombre de pays.
Blocked in China
La Chine se distingue déjà à la pointe de la répression technologique en limitant l’accès de ses internautes aux sites “autorisés”: ce qu’on appelle “the Great Firewall of China” dans une comparaison satirique avec la grande muraille.
Le projet Tor qui permet d’anonymiser une requête pour accéder à un serveur “interdit” (l’adresse IP du serveur est alors cachée des autorités par un réseau d’internautes qui relaient la requête sous forme encryptée: Tor est au web ce que PGP est à l’email) fait l’objet d’une attention particulière de la part des gardes-chiourmes de la Chine soit disant Populaire.
De la même façon, Bitcoin, qui permettra demain de financer une association ou un parti politique interdit en Iran ou en Chine, doit être soutenu comme un projet d’intérêt général.
Souvenons nous que Wikileaks a été mis à genoux seulement lorsque Visa, Mastercard et Paypal ont cédé aux pressions politiques pour cesser de faire transiter les donations qui finançaient l’organisation jusque là.
Assange - Zuckerberg
Même si on n’adhère pas forcément aux thèses de Wikileaks, on pourra s’inquiéter que si les seuls moyens de paiement disponibles sont ceux des banques, nos donations laissent trop de traces pour que la liberté de chacun soit garantie.
Dans la foulée des lois ineptes et dangereuses telles que Hadopi ou ACTA, le flicage d’internet par les lobbies des banques et du copyright finira par étouffer cette ultime frontière de la liberté individuelle de penser et de savoir.

 
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Repenser la distribution de l’aide au développement

5 milliards d’euros: en 30 ans de pouvoir, Omar Bongo a amassé une fortune personnelle de 5 milliards d’euros, l’équivalent du PIB de son pays, le Gabon.
On est écureuil dans la famille Bongo, on a peur de manquer.
L’écureuil-dictateur est d’ailleurs une espèce assez répandue: Teodorin Obiang, le fils du président de la Guinée Equatoriale, pays dont 60% de la population vit dans la misère, possède une hôtel particulier de 5 étages avenue Foch à Paris (photo AFP/Eric Feferberg).
Hotel particulier avenue Foch

Ce genre d’individu est le correspondant parfait des financiers occidentaux: ils fonctionnent de la même façon.
C’est pourquoi ils sont rarement inquiétés, au moins tant qu’ils sont au pouvoir.
Ils font partie du club, c’est pratique pour exploiter les matières premières.
Ils n’ont pas besoin d’une dictature politique, la dictature du PIB, appliquée à peu près universellement dans le monde, leur suffit. Pour les élections, ils peuvent acheter des voix qui vont dans les urnes ou, comme dans les démocraties occidentales, acheter les voix autour des urnes (médias et leaders d’opinion).
Il aura fallu le courage et l’opiniatreté d’une association, Tranparency International, pour qu’un mandat d’arrêt international soit lancé contre Teodorin Obiang.
Les abus spectaculaires comme ceux là illustrent la définition de l’aide au développement donnée par l’économiste Peter Bauer: « une excellente façon de transférer l’argent des pauvres des pays riches aux riches des pays pauvres ».
La mise en place d’un dividende universel dans les pays émergents, distribué directement via les téléphones mobiles grâce à une technologie comme bitcoin, est d’ailleurs la seule voie efficace: après des décennies d’aide via les circuits bancaires, il est évident que l’argent ne parvient aux populations qu’en quantités insuffisantes alors que dans le même temps la corruption des dirigeants s’est institutionnalisée.
En 2009, on estimait le taux de pénétration des téléphones mobiles au Gabon à 90%.
Bitcoin peut s’appuyer sur la généralisation des téléphones mobiles dans les pays en voie de développement pour permettre de transférer de l’argent directement, sans passer par des intermédiaires, qu’ils soient bureaucratiques ou bancaires. L’institution ou l’organisme non-gouvernemental responsable du transfert assignera simplement des adresses Bitcoin aux destinataires et les marchants locaux pourront alors réaliser des transferts d’argent et recevoir des paiements en bitcoins.

 
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Vous avez dit inégalités ?

Si vous pensez qu’il est normal que le dirigeant d’une banque en France gagne en moyenne (sur les 8 principales banques françaises: 1685 k€ en moyenne en 2010, en incluant les numéros deux) 70 fois plus q’un professeur certifié après 10 ans de carrière et 40 fois plus qu’un dirigeant de PME de la construction ou du commerce, ce post n’est pas pour vous.
En effet, vous penseriez comme Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, qu’il faudrait craindre une “fuite des cerveaux” (sic!) si on s’avisait de contester la légitimité de ces salaires.
Comme le fait justement remarquer Jean-Jacques Bourdin dans l’interview ci-dessous (je l’ai postée pour les sceptiques, mais vous pouvez me croire sur parole: je ne veux pas vous infliger le visionnage de cette interview totalement dénuée d’intérêt), la Banque de France n’a JAMAIS utilisé son pouvoir de sanction à l’encontre d’une banque et de ses pratiques salariales.

Personnellement, je crois que si un cerveau n’est employé qu’à servir les intérêts de son propriétaire, nous ne perdons rien à le voir partir. Au contraire, je crois urgent de le remplacer par un cerveau doté d’un sens des responsabilités sociales et de l’intérêt général.

Si certaines catégories de personnel de la banque sont payées autour de 2000 €/mois, nous avons donc une situation où un dirigeant salarié (non-fondateur, c’est à dire qui n’a jamais pris le moindre risque personnel pour créer des emplois) s’autorise un salaire 70 fois supérieur au bas de l’échelle des salaires de son entreprise. Cela relève tout simplement de l’irresponsabilité sociale, voire de l’abus de bien social.
En n’exerçant pas son pouvoir de sanction, la Banque de France cautionne ces abus non seulement dans les banques, mais aussi dans les grandes entreprises cotées, dirigées par des apparatchiks sans scrupules qui construisent les mêmes pyramides de salaires délirants: les 1% sont entre eux et se servent dans les caisses en toute impunité.
Une telle situation est le symptôme d’une dérive insupportable : la financiarisation de l’économie, c’est-à-dire la capture du contrôle et des profits par une minorité d’improductifs au détriment des 99% d’acteurs économiques productifs qu’ils étaient censés servir.
L’évidence est de ne pas tenter de réformer ou de réguler un système qui a pris les commandes de tous les leviers du pouvoir : la solution est de mettre en place, grâce à une nouvelle technologie d’internet, le protocole bitcoin, un système parallèle, une dérivation capable de casser la relation de dépendance absolue que plusieurs siècles d’existence d’un même système monétaire monopolistique ont cimenté.

 
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Faut-il sauver les banques ?

Couverture du New Yorker par Christoph Niemann
Illustration de Christoph Niemann pour le New Yorker

Le système bancaire actuel se caractérise par 4 monopoles:

1/ monopole de la création monétaire d’une monnaie unique par émission de prêts avec intérêts.

2/ obligation d’utiliser la monnaie unique pour payer ses taxes et interdiction de facto plus ou moins absolue d’émettre ou d’utiliser des monnaies complémentaires : monopole de la circulation monétaire

3/ obligation de verser tout salaire par virement ou par chèque vers le compte bancaire du salarié : la banque devient juridiquement propriétaire de l’argent déposé, profitant d’un monopole de dépôt monétaire. Il faudra demander à la banque la permission de le dépenser ultérieurement et elle peut prétendre rendre un service en le gardant.

4/ obligation d’obtenir de la banque un moyen de paiement pour pouvoir dépenser son propre argent : monopole des moyens de paiement qui découle directement du monopole de dépôt monétaire. Même des systèmes prétendument innovants, comme Paypal, ne le sont pas: les comptes Paypal sont constitués très majoritairement, en réalité, de cartes bancaires enregistrées par Paypal.Ce sont des banquiers (l’Autorité de Contrôle Prudentiel, présidée par le gouverneur de la Banque de France compte 14 membres banquiers ou assureurs sur 19) qui décident d’autoriser ou pas une société innovante à émettre un nouveau moyen de paiement, alors même qu’une directive européenne (applicable en France depuis le 1er novembre 2009) est censée favoriser la concurrence dans ce domaine. Pire la loi n’envisage même pas qu’une technologie comme bitcoin, qui permet à chaque individu de gérer lui-même son argent, puisse exister: c’est pourtant par là que viendra la seule concurrence possible, celle des citoyens reprenant le contrôle de leur propre argent.

Verrous Monopole

L’empilement de ces 4 monopoles privateurs de liberté dévolu à un cartel de banques privées conduit bien évidemment aux dérives que nous connaissons :

1/ le système devient impossible à réformer ou à réguler car c’est toute l’économie qui rentre dans une relation de dépendance totale vis-à-vis du système bancaire. Quand l’économie réelle subit les inconvénients des monopoles bancaires jusqu’à la crise, c’est le système bancaire qu’il faut « sauver », comble de l’absurdité.

2/ l’innovation monétaire devient impossible et tout tentative est dénoncée par une propagande médiatique agitant les vieilles peurs habituelles qui fondent tous les asservissements : sécurité, lutte anti-terroriste, lutte contre le crime organisé, etc..

3/ le plus petit découvert d’un citoyen économiquement faible est durement sanctionné par des agios alors que la banque s’autorise à pratiquer le système des réserves fractionnaires, c’est-à-dire prêter beaucoup plus que le montant de ses réserves, dans un équilibre instable.

4/ la monnaie unique devient un étalon de valeur unique qui ne permet de mesurer que les profits: c’est la dictature du PIB. L’essentiel de la monnaie circule entre banques ou établissements financiers pour des transactions virtuelles sur des contrats de plus en plus complexes et déconnectés de l’économie réelle. Les prix ne sont plus fixés correctement par la loi de l’offre et de la demande comme dans l’économie du 18e siècle mais par des hypothèses sur des comportements futurs.
La vraie valeur de l’éducation, de la culture, de la cohésion sociale, de l’environnement n’est plus prise en compte.
Le système des prêts avec intérêts transforme l’économie en un bolide sans pilote qui doit produire toujours plus de « croissance » économique pour soutenir la croissance de la masse monétaire orchestrée par les banques. C’est la cause des crises systémiques à répétition que nous connaissons.

Pourtant, depuis 2009, Bitcoin démontre point par point l’obsolescence de ces monopoles:
1/ La création monétaire peut être décentralisée et citoyenne (génération des bitcoins par les participants à la vérification des transactions sur le réseau bitcoin, accessible à tous via un logiciel libre)

2/ Bitcoin est une monnaie complémentaire : son objectif est d’augmenter la liberté monétaire en rééquilibrant en faveur des particuliers et des acteurs non financiers le rapport de force imposé par le système bancaire.
D’autres monnaies complémentaires peuvent coexister également avec d’autres objectifs, notamment les monnaies locales associatives.

3/ Chacun peut recevoir et stocker tout ou partie de son argent directement sur l’outil informatique de son choix (PC, mobile, etc) et confier le reste à une banque. Le rapport de dépendance totale vis-à-vis de la banque est remis en question. Les plus craintifs peuvent continuer à confier tout leur argent à la banque. Bitcoin est une liberté nouvelle, pas une obligation.

4/ Comme bitcoin est un logiciel libre chacun peut développer et/ou utiliser l’application de paiement de son choix: la concurrence et l’innovation peuvent reprendre leurs droits au détriment des situation de rentes monopolistiques (Visa, Mastercard, Western Union, etc..).
La publication du code source du logiciel et la vérification des transactions sur internet sont une caractéristique de bitcoin et la garantie d’une transparence indispensable à tout système monétaire démocratique.

Fin 2011, la BCE a “prêté” près de 500 milliards d’euros à 525 banques européennes: hormis une poignée de banquiers et d’”experts”, qui sait réellement ce qu’il est advenu de ces largesses ?
Si elles avaient été injectées dans l’économie réelle, comme le prétendent certains banquiers, nous aurions constaté une inflation des prix consécutive à cet apport soudain.
Dans les faits, seules les banques et les grandes sociétés cotées en bourse en bénéficient, les banques visant à maintenir le cours des actions au profit des actionnaires, malgré la crise qui devrait entraîner une chute des cours.
Les PME et les salariés ne verront que l’inflation mais pas les liquidités.

 
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Bitcoin et les crypto-devises

L’inventeur de Bitcoin a eu la suprême élégance de rester anonyme. Il ou elle a en fait choisi le pseudonymat (l’invention a été publiée en 2008 sous le pseudonyme de “Satoshi Nakamoto”, soutenue par un collectif de développeurs incluant notamment Gavin Andresen, Nils Schneider, Pieter Wuille et Jeff Garzik) plutôt que l’anonymat en totale cohérence avec la technologie bitcoin qui offre cette propriété à ses utilisateurs. Un système nominatif comme les systèmes bancaires peut difficilement être rendu anonyme, tandis qu’un système conçu pour préserver une relative anonymité comme bitcoin peut facilement être rendu nominatif.
De même, la décentralisation du réseau bitcoin n’empêche pas de construire des services centralisés comme les “hosted wallets” qui sont en fait des banques de bitcoins.
Par contre, les réseaux centralisés par construction comme ceux des banques ne peuvent migrer aisément vers une architecture décentralisée.

Bitcoin n’ayant pas d’inventeur identifié à ce jour a laissé une opportunité assez tentante pour tous ceux qui souffrent du syndrome NIBM (not invented by me) d’atteindre la célébrité d’une façon ou d’une autre: soit en inventant une variante de bitcoin, une crypto-devise qui lui serait supérieure, c’est à dire en trouvant l’argent après l’or (à moins que ce ne soit l’inverse), soit en trouvant une faille avérée dans la conception de bitcoin. Le moins qu’on puisse dire, c’est que, depuis 2009, beaucoup se sont livrés sans succès à l’une ou l’autre des tentatives.

Prenons l’exemple de Litecoin, une chaîne de blocs alternative inspirée de bitcoin. Je ne sais pas si Litecoin sera l’argent de l’or numérique qu’est bitcoin mais je ne miserai pas un kopeck dessus car Litecoin résout un problème qui n’existe pas. C’est une solution en quête d’un problème. Le faux problème posé par Litecoin est celui de la spécialisation du matériel induite par les algorithmes utilisés par bitcoin.
En effet, l’extraction des bitcoins est favorisée par l’usage d’une carte graphique (GPU) de préférence à une unité centrale de calcul (CPU). Il même possible d’envisager des circuits intégrés spécialisés (ASIC) dans l’extraction des bitcoins. L’hypothèse de Litecoin est qu’une minorité de mineurs pourraient concevoir et produire un tel ASIC pour prendre le contrôle du réseau bitcoin.
Mais si cela se produisait, les autres mineurs, majoritaires, seraient fortement incités à changer l’algorithme en question pour rendre l’ASIC inopérant. Le processus est déjà prêt: c’est un BIP (Bitcoin Improvement Proposal) qui serait facilement adopté par la majorité, à compter d’un certain bloc de la chaîne. La majorité déciderait dans le BIP du nouvel algorithme et du numéro de bloc à partir duquel il serait requis. Les propriétaires de l’ASIC (minoritaires sinon ils n’auraient pas eu besoin de l’ASIC pour prendre le contrôle du réseau!) auraient ainsi dépensés beaucoup de ressources pour rien.

Logo Litecoin

Un autre faux problème “résolu” par Litecoin est le temps requis pour obtenir plusieurs confirmations d’une transaction, une propriété qui serait “attendue” par les marchands acceptant cette crypto-devise. En réalité, les marchands soucieux s’adresseront à un tiers de confiance qui prendra pour eux le risque de la double-dépense (attaque par un acheteur malveillant qui envoie deux transactions simultanées avec la même signature, une vers l’adresse du marchand, une autre vers sa propre adresse ). Car aucun marchand n’acceptera un temps d’attente d’une confirmation, fut elle réduite par 4 comparé à bitcoin (bitcoin envoie sa première confirmation en moyenne 5 minutes après la diffusion d’une transaction puisque les blocs bitcoin sont ajoutés à la chaîne à raison de un bloc toutes les dix minutes).

Beaucoup plus intéressante car très différente des autres chaines alternatives, Namecoin ne vise pas à concurrencer frontalement bitcoin en tant que devise universelle mais simplement utilise la puissance de calcul de bitcoin pour générer une monnaie complémentaire, les namecoins, dédiés à l’achat des noms de domaines en .bit. Le projet Namecoin est né du souci tout à fait légitime de fonder un contre-pouvoir à l’ICANN dans une gestion totalement décentralisée des noms de domaines, au moins pour une extension “libre”, .bit.

 
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Monnaie unique, monnaie inique

Dans un monde toujours plus riche et plus complexe, le peuple doit déléguer de plus en plus de ses décisions à des « représentants » professionnels.
Ces élus doivent jongler avec des promesses de réélection au milieu d’exigences contradictoires de compétitivité et de solidarité. L’électeur veut tout et son contraire tandis que l’élu ne peut rien ou pas grand-chose : dans un système monétaire unique, les résultats ne se mesurent qu’à l’aune de la compétitivité à court terme.

Les idées de la Révolution Française avaient deux cents ans d’avance sur la révolution technologique: avant l’arrivée d’internet, la noblesse est devenue la « classe politique » réunie autour du Roi (le président de la république) et des Marquis (les “élus”) tandis que le clergé est incarné désormais par les banquiers, prêtres du veau d’or.
Avec internet, c’est une représentation complètement nouvelle du Tiers-état qui se mobilise et s’auto-convoque dans les débats.

Tiers Etat

Pour la Cour du Roi, il s’agit de le discréditer par le mépris (« les blogueurs ne sont pas des journalistes » accrédités et mensualisés par un pouvoir) ou par la peur liée à l’ignorance (« bitcoin permettrait le blanchiment d’argent alors que les banques ne le permettent pas »).

Patrick Viveret
Patrick Viveret

Comme l’observe fort justement l’économiste Patrick Viveret, historiquement, lorsque l’innovation ou le changement menacent, les ressorts du statu quo se déploient en trois temps: on commence par dire que l’idée nouvelle est fausse. Lorsqu’elle commence à être adoptée plus largement, on dit qu’elle est marginale. Enfin, quand elle est en passe de devenir vraiment reconnue par le plus grand nombre on dit qu’elle existe depuis longtemps pour en minimiser la portée et dédouaner ceux qui l’ont combattu.

Comparons simplement, les secteurs essentiels, quasi régaliens, de l’économie, que sont l’énergie et les transports, au secteur financier.
En matière d’énergie, les industries du charbon et du pétrole se voient concurrencer depuis longtemps par les forces de l’innovation appliquées notamment à l’énergie solaire. La dangerosité des effets des énergies fossiles sur le climat, quoique contestée par ces industries à travers quelques études sponsorisées, fait suffisamment consensus pour que la concurrence des énergies propres soient quasi unanimement reconnue comme bénéfique.

Dans le secteur des transports, aussi essentiel à toute économie développée, les différents modes de transports, y compris le vélo, sont mis en concurrence et en complémentarité pour une meilleure efficacité des déplacements, avec le soutien des politiques publiques.

Par contre, dans le secteur financier, la création monétaire est totalement monopolistique et confiée exclusivement à un groupe de sociétés privées (les banques), usant d’une monnaie unique sans la moindre justification, théorique ou pratique, de ce privilège.
Au contraire, alors que tous les analystes s’accordent à reconnaître le caractère systémique et cyclique des crises financières que nous connaissons depuis des centaines d’années, seuls quelques très rares économistes se permettent de remettre en question ce dogme du monopole monétaire aujourd’hui attribué à un cartel bancaire, organisé par la banque centrale, autour d’une monnaie unique, labellisée comme telle par l’état.

 
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